Vers la monétisation du blog ?
Un livre à paraître ?

mai 26, 2018 Lisbeth Nemandi 10 Comments


J'ai hésité longtemps à écrire cet article, il m'a beaucoup malmenée et est le fruit de longues heures de réflexions et de discussions avec moi-même (et on est rarement d'accord, c'est épuisant). Il est dix heures, j'ai mon petit thé qui refroidit entre mes mains et je me demande par où commencer. 
Vous connaissez ces petites boules qui éclosent dans la tasse ? Un spectacle tout en douceur et lenteur 

Vous l'avez sans doute remarqué, depuis plusieurs mois les Tipeee et Patreon fleurissent sur Youtube et les blogs. Je fais parti de ceux qui donne même. L'idée a commencé à faire son chemin : est-ce que moi, j'aurais quelque chose qui pourrait donner envie aux gens de m'aider à augmenter le nombre de livres dans ma bibliothèque ou encore à explorer de nouveaux horizons en sorcellerie ? J'ai tellement de projets pour vous, est-ce que certains seraient assez qualitatifs pour vous donner envie de payer pour ? En ont découlé d'autres questions... Si je monétise... pourquoi ? Pour faire comme tout le monde ? Par besoin ? Est-ce que ça vaut le coup de couper certains de ma parole divine de mes réflexions et du coup de me couper de possibles personnes qui m'aideraient à voir plus loin ou sous un autre angle ? Est-ce qu'au final, ça vaut vraiment le coup ? Le chemin a été un peu long, sinueux, beaucoup de belles idées ont émergées (et elles verront le jour c'est sûr !), et une décision a été prise.

Si j'ai ouvert mon blog, c'est pour évoluer, confronter ma pratique à celle des autres, échanger et aussi voir si ça m'apporterai quelque chose. Il se trouve que j'ai l'impression de recevoir bien plus que je ne donne ici. Que se soit les personnes qui me lisent, écrivent des commentaires, me poussent à aller toujours plus loin, celles avec qui je suis en désaccord dans la bienveillance et avec qui j'ai des débats passionnants, les nouvelles amitiés et même des projets de fou. Est-ce prétentieux de penser que ce que je produis puisse être d'une qualité suffisante pour être monétisé ? 

Si vous ne le savez pas encore, je vais publier en fin d'année chez Alliance Magique un Agenda de pratique de la Sorcellerie. C'est un projet que j'avais en tête, sans aucune prétention, en me disant que ça me ferait revenir vers le dessin et me permettrait aussi de chercher en dehors des sentiers battus qui me sont familiers. Vous me connaissez sans doute, je suis une grande bavarde et je me suis retrouvée à discuter avec l'adorable Hagel/Isabelle, auteure du livre La Médiumnité... et Directrice de la communication chez Alliance Magique Editions. J'ai fini par parler de mon projet et sans le voir venir je me retrouvais avec l'incroyable opportunité d'être publiée ! Merci à Laura, Sandrine et Arnaud pour cette superbe aventure, qui n'est pas encore finie et qui va continuer avec vous ici par la suite. Mais commençons par l'agenda à paraître !

Je travaille depuis six mois sur un agenda de pratique pour l'année 2019. C'est bien mignon, mais qu'est-ce que c'est ? C'est un objet que j'ai pensé comme un lieu de pratique portable et discret, façon sac de Mary Poppins dans lequel on ajoute le principe d'un bullet journal. Il s'adresse aussi bien aux débutants qui ont ou n'ont pas le courage de se lancer qu'à ceux qui roulent déjà leur bosse mais seraient curieux. Il regroupe des principes qui me semblent basiques pour la pratique de la sorcellerie (la lune, différentes correspondances, utilisation des bougies, des informations sur l'autel...), d'activités pour vous approprier cet agenda, afin de le charger de votre emprunte (conception d'un autel de voyage, bibliothèque de la sorcière, espaces de recherches...), d'outils pour vous aider à organiser vos travaux magiques (planificateur de travaux, études des plantes, cartes divinatoires, cristaux...), des trackers pour apprendre à mieux vous connaitre (que ça soit de l'humeur possiblement influencée par la lune ou pour avoir une vue d'ensemble des heures auxquelles vous pratiquez en fonction des saisons), des tirages divinatoires (un tirage en début de chaque mois et d'autres tirages en fonction de différentes situations), vous trouverez aussi ça et là des astuces de sorcières, des articles complets ( des rituels, des recettes, des axes de réflexions, des activités...) et surtout une partie agenda qui m'a fait m'arracher les cheveux, vraiment. Pour chaque jour de l'année, j'ai calculé les énergies du jour par rapports aux constellations, bien-sûr vous trouverez aussi la phase de la lune en cours, les heures de lever et coucher du soleil, mais aussi  les heures de lever et coucher de la lune et les activités à faire au niveau des plantes. J'y ai laissé des heures de sommeil pour vous, autant vous le dire. L'agenda a été illustré par mes soins, il a fallu trouver le juste équilibre entre illustrer et laisser la place au futur propriétaire pour que lui aussi se fasse son nid et qu'il le rende vraiment personnel. J'ai mis énormément de temps, de coeur et de cidre dans ce projet, j'espère vraiment qu'il vous plaira ! Il ne sera pas parfait, c'est sûr, mais I'm only human after all. Si vous le souhaitez, il est en pré-commande sur Amazon, sur la Fnac et dans certaines librairies !

Je voulais mettre une image de quelqu'un qui écrit dans un joli carnet, mais j'ai eu peur que vous le preniez pour l'agenda,
du coup j'ai mis une machine pour éviter les confusions, pas bête hein ? 

C'est justement concernant l'après agenda que la question de monétisation est arrivée. Et si je proposais du contenu téléchargeable en plus à un prix symbolique ? Ou alors un Patreon avec un peu de contenu chaque mois comme une vidéo d'utilisation de l'agenda avec du bavardage avec vous ? Et finalement, j'ai décidé que non. Rien ne sera payant. Parce que je n'ai pas créé mon blog pour ça, que ça n'est pas ce qui m'intéresse. J'ai envie de partager ici sans limite, avec plaisir et sans contrainte de temps, qu'en plus de ça je suis allergique à la paperasse et que ça m'en demanderait pour être en règle et qu'après tout, l'idée est de s'amuser avec cet agenda. Une fois qu'il sera en vente, je n'ai pas envie d'être la seule à m'amuser avec, alors j'espère que le contenu que je ferais sur le blog en plus vous motivera à le chérir et le nourrir, à vous dissuader de l'abandonner en cours de route.

Il y aura donc régulièrement du contenu téléchargeable gratuit, à imprimer chez vous, ainsi que des vidéos si je trouve un moyen correct de filmer, des articles tutoriels pour sûr. Alors, heureux ?


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Portraits de la sorcellerie & de l'ésotérique
Biddy Early

mai 19, 2018 Lisbeth Nemandi 7 Comments


Bridget Ellen "Biddy" Early (née O'Connor ou Connors, vers 1798 et décédée en 1872) était une herboriste irlandaise traditionnelle, qui s'était faite une place dans la confiance des gens de sa région. Elle a au long de sa vie eu aussi quelques ennemis parmi les fermiers locaux et les prêtres catholiques. Elle a été accusée de sorcellerie.

Née en 1798 dans le Comté de Clare à Fara Ridge, Bridget Ellen Connors est la fille de John Thomas Connors (un modeste fermier) et de sa femme Ellen. Cette même année, les armées d'Angleterre ont violemment réprimé une rébellion en terre irlandaise, faisant plus de 30 000 morts du côté Irlandais. Biddy fut baptisée sous le nom de Bridget Ellen Connors mais a préféré par la suite prendre le nom de jeune fille de sa mère, Early. Biddy était une enfant solitaire et rêveuse, on dit qu'elle passait la majeure partie de son temps seule et qu'elle parlait aux fées. Facile à vivre et curieuse, elle faisait preuve d'une grande intelligence et d'une grande soif d'apprendre bien qu'elle n'ait pas appris à lire et à écrire, comme c'était courant à l'époque. Pour s'exprimer elle utilisait l'irlandais (je suppose qu'il s'agit du gaélique irlandais) et parfois l'anglais dont elle connaissait quelques bases sans pour autant le maitriser de façon fluide.

Comme dit juste avant, la famille avait peu de moyens, c'est pourquoi Ellen confectionnait pour sa fille des vêtements à partir de fibres de lin, qui était cultivé à proximité. Un savoir qui ferait bien des jaloux aujourd'hui ! Ellen, la mère, pour qui il n'y avait pas de petite économie, était réputée pour ses remèdes et élixirs à base de plantes dont elle se servait aussi au sein du foyer. Dès son enfance, Biddy a appris plusieurs recettes, considérées comme des trésors qu'on gardait dans la famille, comme c'était courant à l'époque. Hélas, Ellen meurt lorsque Biddy avait 16 ans, de malnutrition avant d'être suivie par son époux 6 mois plus tard qui meurt du typhus. Incapable de payer le loyer, Biddy est forcée de quitter la maison familiale.

On retrouve Biddy à 18 ans, lorsqu'elle commença à travailler pour un propriétaire terrien (si vous avez une meilleure traduction pour landlord, je suis preneuse !) près de Limerick (à Carheen pour être exacte). Souvent moquée (et peut-être un peu malmenée...) par ses maîtres et le reste du personnel pour son comportement réservé (il faut dire qu'être une jeune fille de 18 ans à l'époque, sans personne pour veiller sur ses arrières et à un moment de la vie où les hormones travaillent un peu trop... ça ne devait pas être effectivement une situation facile), Biddy ne restera pas longtemps à cet emploi. L'hiver de 1816 fut difficile : Sheehy, la personne gérant son logement (sans doute une sorte de petit immeuble ou maisonnette avec plusieurs chambres) ne cessait d'augmenter les loyers et les locataires commençaient à serrer non seulement les dents, mais aussi les poings. Elle tenta de plaider leurs causes et de raisonner Sheehy, sans succès. Il expulsa tout le monde... avant de finir assassiné par trois autres locataires. Elle n'a pas été mentionnée lors du procès, mais on a beaucoup murmuré qu'elle avait lu l'avenir qui se dessinait pour Sheehy et qu'elle aurait tenté de l'avertir et d'ainsi lui sauver la vie.

Elle partit donc en direction des bidonvilles locaux où la vie ne fut guère plus douce... Il parait qu'elle déambulait régulièrement les jours de marché à Gurteenheagh, où elle rencontra son premier mari, Pat Malley of Feakle. Leur union a fait beaucoup parlé car, à l'époque, un homme ayant déjà un veuf avec enfant et épousant une fille deux fois plus jeune (et sans dot !) n'était pas chose courante.  Qu'importe les ragots (t'es dans ta jalousie, j'suis dans mon jacuzzi comme on dit) ils se marient et Biddy donnera naissance à  un fils nommé Paddy, son seul enfant. 

La petite famille s'installe dans un cottage de trois pièces à Feakle et c'est à cet endroit que les remèdes et élixirs de Biddy gagnent en notoriété. Refusant de se faire payer en pièces ses services, elle permet cependant à ceux qui viennent chercher son aide, de lui laisser une contrepartie ou un petit présent pour l'indemniser. L'Irlande n'étant pas réputée pour boire de l'eau, beaucoup apportaient du whiskey ou du Poitín/Poteen (une boisson traditionnelle irlandaise, fortement alcoolisée (degré d'alcool : entre 60 % et 95 %, autant vous dire qu'après un verre on est désinfecté de l'intérieur) et une anecdote amusante raconte que la maison de Biddy débordait souvent de contenant de ces deux boissons, au point de devenir un endroit où les gens aimaient se retrouver pour boire et jouer aux cartes. Certains apportaient aussi des lots de pain, de farine, de beurre maison, ça ne mangeait pas que liquide, il ne faut pas abuser quand même. Le mari de Biddy décède alors qu'elle avait 25 ans, faisant d'elle une veuve. Il se trouve que peu de temps après la mort de Pat, elle épouse le fils de ce dernier, John Malley. Ici plusieurs interprétations sont possibles, les miennes seraient que John et Biddy ayant des âges plus proches que ceux de Biddy et Pat, ils auraient lié une forte amitié et qu'ils aient choisi de se marier afin de prendre soin l'un de l'autre. On peut aussi supposer qu'ils étaient amoureux avant même la mort de Pat, ce qui fait découler d'autres suppositions. Cependant je ne veux pas en faire une empoisonneuse complotiste alors qu'il est possible que ça soit juste la vie, que le décès de Pat les ait rapproché ou autre. Après tout je n'étais pas dans leurs têtes et leurs coeurs, je ne viens pas non plus de la même époque (grand bien me fasse). Le fils de Biddy et Pat, Paddy, quitte le foyer familial quelques années après la mort de son père et ne reviendra jamais. John Malley, décèdera en 1840 d'une maladie du foie, Biddy devient donc pour la deuxième fois veuve à l'âge de 42 ans. Vu qu'elle enchaîne les maris on pourrait se poser des questions, c'est vrai. L'hypothèse la plus probable et logique, c'est qu'à cette époque une maison qui se remplissait d'elle-même de gnôle et de whiskey, ça devait sérieusement entamer le foie...
Les restes du cottage de Biddy Early dans le comté de Clare

Par la suite, Biddy a épousé Tom Flannery, un ouvrier originaire de Finley qui était plus jeune qu'elle. Le couple s'installe dans un petit chalet de deux pièces vers Dromore (ici j'ai trouvé deux informations contradictoires, donc je ne sais pas si historiquement c'était le Comté de Clare et qu'aujourd'hui il s'appelle Comté de Down ou s'il y a deux villes qui s'appellent de la même façon).  Il était situé au-dessus d'un lac, connu aujourd'hui sous le nom de Biddy Early's Lake. À cette période Biddy se rend vraiment indispensable pour les gens et sa maison ne désempli presque jamais. Il ne faut pas oublier qu'à cette époque il n'y avait pas de mutuelle et compagnie, c'est pourquoi les gens qui ne pouvaient recevoir l'aide des médecins ou des prêtres à cause de la distance ou pour des raisons financières, se tournaient vers Biddy. 

Autrefois, les médecins généralistes en Irlande vous donnaient des "bouteilles médicinales" (bottle of medicine). On vous en mettait deux dans les mains, en expliquant que si l'une ne fonctionne pas, tu prends l'autre. Il faut dire que certains maux se soignent par eux-même si on est un peu patient (qui n'a jamais entendu parlé du rhume soigné en une semaine après avoir vu le médecin et en sept jours sans?), et il n'y avait pas de grands enjeux concernant les petits bobos du quotidien. De nos jours, le travail des herboristes est bien plus encadré et promet aux patients des résultats bien plus réalistes. Cependant il était à l'époque, plus répandu encore qu'aujourd'hui, de penser que notre santé et bien-être (ainsi que ceux des animaux) pouvaient être perturbés par des menaces lancées par des voisins jaloux et/ou mal intentionnés, sorcières ou fées.

Ce qui a fait la réputation de Biddy, autre que ses remèdes, c'est son implication auprès des gens. Perspicace et intuitive, elle prêtait une oreille attentive aux gens qui font appel à elle, prenait le temps et faisait confiance à son instinct. Elle savait que certains venaient avec un symptôme, mais que celui-ci pouvait n'être que le sommet de l'iceberg cachant des causes plus profondes. Ses remèdes ne consistaient pas seulement à appliquer des herbes sur une blessure ou à donner une recette aux malades. Elle arrivait à faire que chaque personne se sente unique, trouvant une solution adaptée et parfois créative.

Il arrivait même qu'on fasse appel à elle pour soigner des animaux : les animaux avaient une place charnière dans la survie des familles, car ils aidaient à accomplir certaines tâches et permettaient aussi de manger (on n'avait pas de rayon entier de lentilles corail et de protéines de soja à l'époque), ce qui fait qu'en cas de mauvaise santé de la part des chevaux ou vaches, la vie s'immobilisait et pouvait vraiment malmener la famille, menant à la pauvreté ou à l'expulsion, voir même parfois à la perte de vies humaines. Pour les mêmes raisons, les agriculteurs ont également parfois demandé à Biddy de l'aide concernant d'autres charnières de la vie quotidienne, tels que la restauration d'un puits ou la résolution d'un problème avec la production de beurre de la ferme.

Nous parlions plus haut des bouteilles médicinales. Un jour, Biddy a sorti d'on ne sait où une bouteille remplie d'un liquide bleu sombre, dont elle se servait comme d'une boule de cristal pour soigner les gens et communiquer avec le petit peuple. Elle racontait que cette bouteille avait été gagnée par son fils Paddy lors d'un match de hurling (un sport collectif d'origine irlandaise se jouant en extérieur. Le hurling se joue avec une crosse). Les gens venaient, Biddy écoutait et les gens repartaient satisfaits. Sa notoriété a d'ailleurs explosé grâce à cette bouteille, qu'elle gardait tout le temps avec elle, au point que lors de son dernier souffle la bouteille était à ses côtés. Elle pratiquait une sorte de sorcellerie des campagnes, usant de son oreille attentive et des connaissances en herboristerie de sa mère pour soulager les gens qui venaient à elle, le tout souligné par une personnalité forte qui a beaucoup marqué à l'époque : selon un biographe, "à maints égards, Biddy représentait ce qu'une paysannerie opprimée aurait elle-même voulu faire si elle avait osé, parce qu'elle était indépendante et refusait d'être "intimidée par [les voies autoritaires des prêtres et des propriétaires]". Biddy n'était pas une allumeuse - elle était une buveuse, une fumeuse, une joueuse de cartes, une femme sexuelle qui gardait sa beauté juvénile et, grâce à son maquillage à base de plantes, son teint rosé. On comprend bien qu'à l'époque, ça a du faire vriller plus d'un religieux. 

En parlant de pouvoir, c'est l'église catholique qui détenait l'autorité pour beaucoup à l'époque et autant vous dire que la Biddy, elle n'était pas dans leurs petits papiers avec ses activités. Cherchant à garder les pauvres petites brebis dans la lumière, les prêtres et religieux désapprouvent ouvertement les pratiques de Biddy et découragent les gens qui seraient tentés de faire appel à elle, ce qui n'a pas empêché ces derniers d'y aller, mais plus discrètement. Les habitants voyaient Biddy comme une personne bienveillante et attentive, s'expliquant la réaction de l'Église parce qu'elle ne pratiquait pas "une médecine" reconnue par l'autorité religieuse, l'aura mystique et magique qui l'entourait ne devait pas les enthousiasmer grandement non plus. Biddy, qui appartenait à une classe de petits fermiers, ne répondait pas non plus aux standards d'éducations de l'église, qui cherchaient à "laisser derrière eux le monde semi-éclairé des traditions paysannes et des plantes médicinales". Rien que ça. 

En 1865, Biddy fut accusé par un médecin de Limerick de sorcellerie en vertu du Witchcraft Act 1586 et fut traduite devant un tribunal situé à Ennis. Inhabituel dans les années 1860, les quelques-uns qui ont accepté de témoigner contre elle ont ensuite reculé. Elle a été libérée faute de preuves suffisantes, soutenue par beaucoup de locaux. Elle était vraiment très appréciée et écoutée, si on en croit les diverses sources, et très considérée malgré un apparent désintérêt pour la notoriété. Quand deux hommes ont nommé des chevaux de course après elle pour avoir de la chance, elle leur a apparemment rendu visite pour leur demander de ne pas le faire. Bien sûr, la légende veut que quand ils ont refusé, les chevaux ont eu une fin terrible.

"On se souvient affectueusement de Biddy Early du comté de Clare comme une femme extraordinaire qui a consacré son temps à réconforter et à guérir les malades, qui n'a jamais juré de malédiction à qui que ce soit malgré quelques frictions avec l'église, qui l'aurait étiquetée comme une «sorcière» "
En 1868, Tom Flannery meurt, laissant Biddy veuve pour la troisième fois à l'âge de 70 ans. En 1869, elle se marie pour la quatrième et dernière fois avec Thomas Meaney, un homme d'une trentaine d'années, en échange d'un remède. Leur mariage a d'ailleurs énormément fait parlé, surtout à cause de la différence d'âge. Le «Limerick Chronicle» publia un rapport assez salace sur son mariage le 29 juillet 1869: «Nous apprenons qu'un mariage extraordinaire a été célébré cette semaine à Limerick par l'un des prêtres de la paroisse, celui d'une vieille femme connue sous le nom de 'Biddy Early' qui réside près de Tulla et qui, parmi la paysannerie, a la réputation d'une sorcière, qui peut soigner toutes sortes de maladies, et qui a utilisé son pouvoir fascinant sur un beau jeune homme ... qu'elle a réussi à envouter en l'incitant à devenir son quatrième mari." Ils ont vécu ensemble dans son chalet à Kilbarron jusqu'à ce qu'il soit mort, dans l'année de leur mariage, de la surconsommation d'alcool. Biddy décède dans la pauvreté en 1874. Un prêtre était présent à sa mort, et son ami et voisin, Pat Loughnane, a organisé son enterrement à Feakle Graveyard dans le comté de Clare, on dit que 27 prêtres réputés étaient présents. La bouteille a été jetée par un prêtre dans le lac Kilbarron derrière la maison de Biddy à sa mort.

Mais de nos jours, qu'est-ce qu'il reste de Biddy Early ? Un nom qui fait frissonner les petits irlandais, parce que la légende dit que Biddy Early kidnappe les enfants qui refusent d'aller se coucher à l'heure et qu'elle ressemblerait à un épouvantail, de quoi filer au lit sans protester. On se souvient aussi d'une femme forte, la tête haute, qui survécut à ses quatre maris et qu'il ne fallait pas défier : si vous lui cherchiez des noises, on dit qu'elle pouvait geler le sol sous les sabots de vos chevaux alors qu'en cas de bonne humeur elle pouvait vous éviter la mort à vous ou à votre bétail.

Sachez aussi que le nom de Biddy Early a été donné à quelques pubs... et à une espèce de cannabis qui a d'ailleurs terminée deuxième au High Times Cannabis Cup en 2003. Ne me remerciez pas pour cette information, c'est en faisant des recherches dans Google Image que j'ai fais cette cocasse découverte.  

J'espère que ce nouvel article vous a plu et que ça vous tente d'en lire d'autres du genre, j'ai quelques personnages comme ça que j'aimerai vous présenter. Si jamais vous avez des personnages peu connus qui vous intéressent n'hésitez pas à me le dire en commentaire, je serais ravie d'en découvrir de nouveau !

Sources :
Is herbalism another form of magic? Peter McGuire
The A to Z of Ireland's natural heritage, Machán Magan
Witchipedia: Ireland's most famous witches, Jennifer O'Connel
Biddy Early: Witch or woman ahead of her time? Susan Daly
The Story of Biddy Early: Ireland's Most famous Witch and Faery Friend, Cody Meyocks
Wild Irish Women: Biddy Early (1798-1872), Rosemary Rogers
Biddy Early, Wikipedia
Lenihan, Edmund. In Search of Biddy Early. The Mercier Press. Cork (1987)

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