Compte à rebours d'automne
troisième semaine


Ça sent la mousse mon ami(e), ça sent la mousse ! * part se rouler par terre en gloussant tel un cochon d'inde dans le foin frais * Je suis si heureuse de te retrouver pour le troisième et dernier article des préparatifs de l'automne. Je te sens un peu triste, toi aussi, mais sache que cela signifie seulement qu'il est temps de voir les feuilles se teinter de rouge et de doré pour danser leur plus belle danse de l'année. Je ne peux m'empêcher en cette saison de penser à Snoopy et ses si jolies quatre cases pleines de poésie, ou encore à Winnie l'Ourson qui sait se montrer des plus tendres et philosophes. Et toi, qu'est-ce que ton coeur murmure en cette douce saison ? C'est un moment si propice au repli par chez moi, ça sent les légumes racine du bouillon qui fume dans la cocotte alors que je suis blottie dans mon fauteuil favoris, un livre en main. D'ailleurs j'en profite pour te rappeler que j'ai lancé lors du dernier article un challenge de lecture sur la sorcellerie et il existe un groupe facebook  consacré au challenge pour se retrouver et se motiver ! Oui, je sais, une fois de plus je suis bavarde, mais que veux-tu, je suis heureuse d'écrire cet article, que l'automne soit à nos portes et il se trouve qu'en plus, au moment où tu lis ces mots, je suis en train de boire du cidre à Dublin. Sláinte! Mais ce qui t'importe, c'est la suite des préparatifs, je cesse donc mes blablas et passons au thème de le semaine... Chaumière désencombrée et infusion d'automne ! Il est temps de préparer ton coin de sorcière pour tes travaux, et pourquoi ne pas en profiter pour se préparer une infusion d'automne. Petite note concernant celle-ci, je n'en suis pas la créatrice, elle vient du blog Self Proclamed Foodie tenu par Krissy Allori. Un conseil, si vous avez faim, n'allez pas sur son blog. 


Semaine 17 au 23 Septembre

Je radote comme une mamie bienveillante, mais je te suggère une nouvelle fois de partir à la recherche d'une belle feuille pour ton carnet de sorcière afin de célébrer dignement la fin de ces préparatifs. Ensuite, je te suggère de faire une préparer notre infusion d'automne pour que tu puisses la consommer le lendemain. Après une nuit au réfrigérateur je trouve qu'elle est encore plus délicieuse ! Une fois de plus, je me base sur le livre La cuisine Wiccane de Scott Cunningham pour te parler des correspondances magiques. Une fois de plus, je rappelle que la cuisine en sorcellerie n'est pas de la cuisine de tous les jours, on n'y remplace pas un ingrédient par un autre sans avoir regardé ses correspondances. 



Ingrédients et ustensiles :

  • 1 pomme 
  • 1 prune
  • 1 poire
  • 3 bâtons de cannelle
  • 1 bon couteau
  • 1 grosse carafe ou bouteille en verre

Commencer par couper la pomme en trois pour la santé : "un morceau pour la tête, un morceau pour le corps, un morceau pour le coeur". N'hésite pas en cas de problème de santé à changer les zones ciblées. On coupe ensuite la prune pour la protection : "un morceau pour ceux qui m'entourent, un morceau pour mon foyer, un morceau pour moi". Puis la poire pour une vie longue et prospère : "un morceau pour une santé solide, un morceau pour savoir vivre dans l'instant et en profiter, un morceau pour que le destin nous soit clément". On ajoute le tout dans la bouteille (c'est possible de couper un peu plus finement si besoin, le but n'est pas de forcer. Pour finir, on ajoute les trois bâtons de cannelle qui multiplie chacun les propriétés magique de chaque ingrédient précédent, avant de remuer trois fois. 


Le mieux, c'est de laisser à infuser toute une nuit pour que ça s'imprègne autant du goût que de la magie. Il est possible de garder la bouteille et son contenu pendant trois jours, en y ajoutant de l'eau lorsque l'on s'en sert (on n'oublie pas de remuer trois fois à chaque ajout afin de garder les propriétés magiques vives). Maintenant que tu as de quoi te déshydrater, il est temps de ranger ton espace magique et de faire peau neuve pour célébrer l'automne. J'en profite pour t'inviter à fouiner dans mes étagères de sorcière qui sont soigneusement rangées en cet instant. Coïncidence ? Je ne pense pas ! 



Tous mes tarots et oracles sont ici, sagement rangés sur une étagère, prêts à me chuchoter conseils et axes de réflexion

Peau neuve pour l'automne - Ménage

Pour commencer, rassemble ton matériel, si tu en as la place sur une grande table ou bien par terre, attention aux chats et animaux joueurs qui pourraient s'inviter pendant le tri : il m'est arrivé plus d'une fois de chercher un bouchon en liège et de réaliser qu'il était dans le panier du chien une semaine plus tard. Je te suggère de faire trois tas :

- ce que tu utilises à chaque activité magique, ou presque
- ce que tu utilises de façon plus sporadique
_(par exemple les éléments que tu utilises pour les sabbats)
- ce que tu n'as jamais utilisé depuis que tu as commencé
_à pratiquer ou qui ne te parle plus tellement

Comme tu t'en doutes, je t'encourage vivement à te séparer de la dernière catégorie, celle que tu n'as jamais utilisé alors qu'elle est présente à tes côtés depuis au moins trois mois. Lorsque j'ai ouvert le blog, j'ai cédé aux sirènes des box païennes. Certes, je n'en ai commandé que trois, mais cela a été suffisant pour m'encombrer. Heureusement, j'ai pu répartir certains des objets en bonus dans de petits cadeaux pour des amis à qui ils semblaient plus convenir, mais tout de même.  De plus, je n'étais pas très emballée au final, par l'idée d'avoir du matériel qu'on "m'imposait" et identique à tous le monde. J'avoue avoir un petit faible pour le farfelu et l'unique, comme le chaudron chauffe-sauce en inox de notre Lyra. Mais que faire de ces plantes séchées, encens et outils qui ne nous parlent pas ? J'en fais un petit carton à côté de mon secrétaire de sorcière, où je met ce qui ne me sert jamais, signalant aux gens qui ont la même passion que moi pour la sorcellerie qu'ils peuvent m'acheter ou troquer son contenu. Si au bout de trois mois certains éléments sont encore présents, ils sont enterrés ou brûlés. On peut comparer notre espace de travail à notre esprit et notre pratique : plus nous l'encombrons du superflu, plus il nous est difficile d'y voir clair, d'être productif et d'avancer. Qui n'a jamais été séduit par l'idée d'avoir une énorme pièce remplie d'un nombre inimaginable de bocaux, fioles et objets incroyables ? Plus on se dirige dans cette direction, plus on en réalise les effets collatéraux : faire la poussière dans ces étagères est un enfer et quant on sait qu'au bout de deux ans les plantes perdent beaucoup en efficacité magique, on se dit qu'en amasser autant, ce n'était peut-être pas une aussi bonne idée. De plus, a-t-on vraiment besoin de prendre à la nature plus que de raison ?
Encens de Mabon - Herbes séchées - Encens en bloc - Sel de protection 

Pour la seconde catégorie, cela va dépendre de l'espace que tu as pour ta pratique : si tu as un immense bureau de travail, voir une pièce complète, tu peux te permettre de tout mettre sur tes étagères, autant en profiter ! Si ton espace est plus restreint, pourquoi ne pas faire comme les décorations de Noël de l'Halloween, une boîte contenant les éléments dédiés aux différents moments de l'année et à ses célébrations, que l'on prend plaisir par la suite à sortir tels des trésors à chaque moment opportun. Peut-être que cela ne te conviendra pas, mais essaye au moins pendant les deux semaines suivantes de nos préparatifs. L'automne, c'est le moment où la Nature danse et célèbre la vie avant de se concentrer sur l'énergie vitale qui se cache au fond d'elle, ses racines. Faire le ménage, c'est se rappeler ce qui compte vraiment. 

Pour la catégorie des indispensables, cela tombe sous le sens : on la garde à portée de main et même si on le peut, à portée des yeux. Plus je roule ma bosse de sorcière, plus je me rend compte que la seule chose qui m'est véritablement indispensable, c'est mon carnet. Mi-journal, mi-grimoire, il est le gardien de mes expériences, de mon parcours et de mes envies. C'est honnêtement le seul objet physique sans lequel je me sens perdue. Pourtant, le premier outil que j'utilise en général, c'est la visualisation, qui est travaillée depuis ma plus tendre enfance. Je n'ai aucun soucis à voir une boule d'énergie sortir de ma main, ou encore à modeler un rêve ou projet avant de lui donner vie. Par contre, vous me demandez de recopier une série de dix chiffres, je vais devoir m'y reprendre à cinq fois avant d'y arriver. Le plus important, c'est d'être conscient de nos points faibles, mais aussi de nos points forts. 

Si tu as des tarots et oracles, tu peux les nettoyer et décharger des travaux réalisé précédemment. Je te transmet aujourd'hui ma façon de procéder, il en existe bien évidemment bien plus et si celle-ci ne te parle pas, je suis sûre qu'avec quelques recherches tu trouveras une méthode à ton goût. Je commence toujours par la même étape, trier les cartes dans leur ordre d'origine. Cela me permet en plus de vérifier l'état des cartes et qu'il n'en manque pas (il m'arrive d'en garder une en marque-page pour méditer dessus et souvent, la tête un peu trop proche de la lune je ne sais plus qui visite quel livre...). Ensuite plusieurs options : la fumigation, trois nuits sur une grosse pierre de Quartz que j'ai hérité de ma grand-mère ou encore la prière. Pour cette dernière option, je prend le deck trié à deux mains, ferme les yeux et le pose sur mon front, ma bouche et mon coeur en murmurant ma prière. La dernière étape qui est toujours la même, est la suivante : je prend le deck dans ma main réceptrice (la droite) et je frappe avec ma main émettrice (la gauche, parce que je suis une véritable gauchère) sur le deck en prononçant les mots suivants : "Cartes, parlez sans fards. On ne pause les questions que lorsque l'on est prêt pour la réponse. Acte en conscience et Acceptation des répercutions." Le deck n'a plus qu'a retrouver sa place ou être utilisé.
J'espère que ce challenge t'as plu, 

ce fut intense mais très enrichissant à imaginer, créer et produire !



Compte à rebours d'automne
Deuxième semaine



Quel plaisir de te retrouver ici, dans ma clairière magique, où chaque lecteur m'y apparait comme une petite luciole. Je te remercie pour la lumière que tu lui apportes, toi qui lis ces mots. Grâce à toi, les petites cocottes magiques du dernier article ont fleuri dans les chaumières de sorcière. Grâce à toi, les huit mois passés à écrire, mettre en page et illustrer pour donner vie à mon premier ouvrage, l'Agenda de Pratique aux Éditions Danaé était vingt-septième au top des ventes Amazon dans la catégorie Livres Ésotériques. D'ailleurs, si toi aussi tu veux réserver ton exemplaire en attendant la sortie, tu peux le commander sur Amazon ou la Fnac (la couverture affichée n'est pas celle d'actualité, elle est en attente de mise à jour). Mais si tu es ici, sur le point de poser tes mains sur les pierres pour traverser le temps, c'est parce que toi aussi tu attends l'automne avec impatience. Fais chauffer la bouilloire, il est temps de préparer une petite tisane et de lancer le lecteur de musique pour notre rendez-vous. 


Semaine du 10 au 16 Septembre

Je te propose une nouvelle fois de partir à l'aventure pour chercher une feuille aux couleurs d'automne pour ton carnet : comme la fois précédente, lorsque tu l'as trouvée, remercie l'arbre qui lui a donné vie et tu peux laisser un cheveux en offrande.  Si tu le souhaites, il est possible la faire sécher entre des feuilles de journaux avant de la mettre dans ton journal de sorcière. Ensuite, vient le thème de la semaine... Lecture et gratitude !


Bougie de lune descendante (la noire) - Eau d'orage en bouteilles dont les énergies se mélangent aux pierres de mes malas

Le coeur gonflé d'étoiles - Gratitude

La première activité que je te propose : un bocal de gratitude. Il peut prendre différentes formes, que cela soit un bocal physique, une page de ton journal de sorcière, place à la bienveillance et au positivisme. Après une semaine d'utilisation de la cocotte d'études magiques, peut-être que tu t'es mis à douter de toi, de la sorcellerie, de tes capacités. Mais tout cela, si tu prends un peu de recul, tu peux l'effacer en acceptant de voir aussi tes réussites et tes bonheurs. Le mieux, c'est de le faire tout au long de l'année, c'est pourquoi un gros bocal est toujours une bonne idée, surtout qu'il y en a de peu onéreux sur le bon coin, dans les brocantes ou encore à Emmaüs. Si tu souhaites opter pour le papier, je t'ai dessiné une jarre à gratitude que tu peux télécharger en cliquant juste ici, j'espère qu'elle te plaira ! Si jamais le coeur t'en dis, tu peux coller cette page dans ton carnet. Ce genre de bocal me permet de ne pas oublier dans la période sombre de l'année que mon coeur est empli de lumière, qu'en cas de coup dur il y aura toujours une étincelle qui rendra la vie plus douce, que cela soit dans l'instant ou demain.


Citrouille à lunettes - Lecture

Cette partie n'était pas prévue, mais Hazel m'a fait bien trop envie en partageant le Pumpkin Autumn Challenge créé par Le terrier de Guimause. Rien à voir ici avec la Sorcellerie, c'est pourquoi je me suis permise de créer un challenge spécial en l'adaptant à notre pratique. 

Le #aucoindufeuchallenge se déroule du 5 Septembre au 5 décembre, soit trois mois pour se rouler dans les livres ! Pas de critères de validations obligatoires pour ce challenge, le but est avant tout de se faire plaisir. Cependant, si tu le souhaites on envisager des paliers de succès. Mais je te laisse d'abord découvrir les catégories et propositions ! 

Si tu as vraiment envie de te challenger, que cela t'aide d'avoir des paliers, je te propose les suivants :

Descendant des Warren
lecture de la catégorie l'autre côté au complet 

Hobbit
lecture de la catégorie cocooning au complet

Fantôme de bibliothèque
lecture de la catégorie traditions au complet

Sorcière de Middletown
lecture de la catégorie racines païennes au complet

Gardien du Savoir
lecture de deux catégories complètes

Sailor Tolkien
lecture des quatre catégories
(j'espère que tu visualises Tolkien en train 
de faire la chorégraphie de Sailor Moon)

Comme tu l'as peut-être remarqué au dessus, j'ai réalisé une rapide illustration sur le thème du challenge pour imprimer et coller dans ton journal de sorcière ou à afficher au mur afin de te motiver et ne pas relâcher dans tes lectures. Tu peux la télécharger ici.


J'espère que cet article t'auras plu et que tu as hâte de 
me retrouver la semaine prochaine pour la suite la semaine prochaine 


Compte à rebours pour les sorcières
Automne, on t'attend !

C'est les cheveux humides et le sourire aux lèvres que débute la rédaction de cet article. Par chez moi, ça commence à sentir la mousse en cette nuit d'orage, grisante et pétillante comme seuls les évènements inattendus et saisis dans l'instant savent l'être. Certains ont rentré le linge dans la précipitation, d'autres fermé les fenêtres en toute hâte... et moi je courrais dans la cuisine chercher mes plus beaux et larges récipients pour récolter un peu de cette eau de tempête. Mais si tu es là, ce n'est pas pour mes cheveux trempés d'enfant ayant dansé sous la pluie mais pour un nouvel article, non ? Comme tu le sais sans doute si tu me suis sur Instagram et Facebook, en ce moment, je guette l'automne, tournant en rond comme une petite bête dans son terrier, attendant le premier signe pour mettre le nez dehors. En regardant mon calendrier, lunettes sur le museau, je me suis déconfite en réalisant qu'officiellement les tambours de l'automne ne sonnent que le 23 Septembre. Qu'à cela ne tienne ! S'il me faut attendre trois semaines, j'en ferais trois semaines de magie, déroulant le tapis d'honneur à cette douce saison. Je t'invite donc avec plaisir, à partager avec moi ce compte à rebours pour sorcière. Profitons de cet élan d'enthousiasme qu'apporte le retour des vacances ou encore la rentrée dans nos vies pour exercer nos sens magiques. Je profite de cette introduction pour vous annoncer qu'Alliance Magique vient de recevoir l'agenda de pratique réalisé par mes soins et surtout grâce à eux ! C'est avec une joie immense que je vous partage les premières photos et vous rappelle qu'il est possible de pré-commander l'agenda sur Amazon ou la Fnac (la couverture n'est pas la bonne sur le site, elle est en attente de mise à jour) !
Semaine du 3 au 9 Septembre 


Premièrement, qu'est-ce qu'il nous faut ? Si tu as déjà en ta possession un carnet dans lequel tu couches tes travaux magiques, il sera le parfait partenaire pour notre aventure. Tu peux aussi prendre une bougie par semaine, soit trois au total. Cette semaine je te propose de mettre à plat tes envies magiques. Pour cela tu auras besoin d'une paire de ciseaux et d'une feuille de papier au minimum, au maximum d'une imprimante en plus. Je t'emmène aussi découvrir à l'occasion de la nouvelle lune du 9 Septembre une de mes petites habitudes dont je te parlais dans l'article précédent, c'est à dire le cocktail de minuit ! J'en propose une version sans alcool et une alcoolisée, donc si le coeur t'en dit, sache que je serais moi aussi en train de siroter sous la nouvelle lune ce délicieux breuvage, à condition que tu aimes le gingembre. 

Si je récapitule il te faudra donc : 

- une bougie ( ou trois si tu souhaites prendre de l'avance) 
- ton carnet de sorcière 
- une paire de ciseaux
- le ou les crayons de ton choix 
- une feuille de papier d'imprimante 
- Gingerbeer (soda non alcoolisé au gingembre facilement trouvable en échoppe asiatique)
- un citron vert bio 
- du whiskey (à boire ou non, il peut être facultatif) 

Pour commencer, je te propose... de mettre le nez dehors ! Prend le temps de lever le nez dans un parc ou dans les bois où tu aimes te rendre. Laisse ton téléphone au fond de ton sac, oublie ta montre et met-toi en quête d'une jolie feuille qui te fais penser à l'automne. Lorsque tu l'as trouvée, remercie l'arbre qui lui a donné vie et tu peux laisser un cheveux en offrande.  Si tu le souhaites, tu peux la faire sécher entre des feuilles de journaux avant de la mettre dans ton journal de sorcière. Cela sera un joli échauffement magique avant l'atelier suivant : la cocotte de sorcière. Oui, tu as bien lu. 


Qu'est-ce que...? Mais oui ! C'est bien la cocotte en papier de ton enfance, en tout cas de la mienne. Combien de décisions ai-je pu prendre grâce à cette méthode, aux résultats confirmés par des centaines d'études scientifiques très sérieuses. En tout cas, ce fut un moyen divertissant de pimenter ma vie d'enfant. Pourquoi ne pas l'utiliser aussi en sorcellerie ? Cela t'est-il déjà arrivé, d'avoir envie de t'atteler à la sorcellerie, sans savoir par quoi commencer ou encore quelle discipline choisir ? La cocottes d'études magique a été créée par mes soins pour cette situation. Pour commencer prend ton carnet (ou journal) de sorcière et ta plume pour coucher sur papier les différentes matières que tu souhaites étudier, les expériences que tu souhaites faire, livres que tu souhaites enfin ouvrir ou finir, etc. Voici quelques idées pour les moins inspirés ou ceux qui auraient du mal à se lancer : 

Divination • Tarot • Oracle • Chiromancie • Encens • Herborisme • Plantes de sorcières
Planètes • Constellations • Thème Astral • Otherkin • Généalogie • Kitchen Witch 
Démons • Sceaux • Chaos Magick • Purification • Anges • Cristaux • Cultes
Potions • Matériel de la sorcière • Sabbats • Yoga • Méditation • Visualisation • Lecture 
Fantôme • Mythes et légendes • Runes • Animaux totems • Chakras • Guides spirituels 

Une fois cette liste établie, tu peux télécharger la cocotte que j'ai dessiné pour toi avec grand plaisir. J'ai choisi quatre éléments qui m'inspirent pour la décorer, dont le sublime livre de Hagel, l'Herbier des Sorcières qui est un petit bijou mêlant herborisme et sorcellerie. J'ai aussi dessiné une tisane aux étoiles, une goutte de Ouija et une bougie. Une fois imprimée, il te faut la plier (si comme moi tu as besoin d'un petit rafraîchissement de mémoire, il existe pléthore de vidéos sur Youtube) pour ensuite pouvoir la remplir. Parmi la liste que tu as établie précédemment, il te faut choisir 8 éléments qui te font le plus envie en cet instant. À présent que ta cocotte de sorcière est prête, je te suggère de la plier avant de la glisser dans ton journal, afin de mettre le tout sous ton oreiller le temps d'une nuit. Elle sera ainsi reliée à ton inconscient et tes rêves. Une cocotte de sorcière qui sert de chaudron à idées !

Lorsque vous serez liés, elle sera prête à t'épauler dans ta pratique. Prend quelques instants pour respirer et te concentrer sur la sorcellerie, ensuite décide d'un chiffre, puis de gauche ou droite et enfin de haut ou bas. Ensuite tu peux utiliser la cocotte en utilisant les paramètres établis juste au dessus. Par exemple, plier 6 fois, puis choisir le côté gauche à l'intérieur et l'encoche du bas. Pendant ces trois semaines, je vous conseille d'utiliser votre cocotte au moins une fois par semaine, histoire de créer un rendez-vous magique. 



Ensuite, je vous propose ma recette de minuit pour les nouvelles lunes. Oui, Les Ensorceleuses fait parti des films que j'aime regarder avec une tisane. Je profite aussi de cet instant pour rappeler que les pailles sont une catastrophe écologique, alors qu'il existe des solutions pour limiter leur utilisation, comme ces pailles en acier inoxydable, elles sont faciles à glisser dans le sac et font vraiment la différence. Lance-toi ! La parenthèse écologique se ferme donc ici, place à la magie. Pour cette recette, le premier élément important c'est de mettre cette chanson en route. Ensuite, tout est prêt pour un cocktail de nouvelle lune ! 

Récapitulons les ingrédients nécessaires : 

- Gingerbeer (soda  non alcoolisé au gingembre facilement trouvable en échoppe asiatique)
- un citron vert bio
- du whiskey (à boire ou non, il peut être facultatif)

La nouvelle Lune, c'est un moment de travail sur le moi profond, un renouveau pour celui qui veut le saisir. C'est un allié fort avec qui collaborer quand on veut matérialiser nos rêves comme le souligne Yasmin Boland dans son ouvrage La Lunologie : "Avec les bonnes intentions et un certain engagement, faire votre travail de matérialisation en accord avec la Lune suralimente vos rêves".

D'ailleurs, en parlant de livre, les informations que je te partage ci-dessous sont issues du livre La Cuisine Wiccane par Scott Cunningham, qui commence à faiblir au niveau de la couverture à force de le feuilleter. Honnêtement, il fait parti de mes livres indispensables, c'est pourquoi une fois encore je m'appuie sur lui pour vous livrer cette recette. 

• Tout d'abord, il va te falloir couper le citron vert en morceaux grossiers. Cet ingrédient est lié au Soleil et à l'élément Feu, on s'en sert pour l'amour ou encore la purification comme c'est le cas au Pérou par les chamanes. En général, plus par réflexe que par réel souci du détail, je dépose trois morceaux de citron intacts au fond du verre et garde les morceaux restants pour la fin de la recette. Quel terrible suspens ! 

• Vient ensuite pour la version alcoolisée le moment d'ajouter le whiskey ! Il est "largement utilisé en médecine populaire américaine et joue aussi un rôle dans la magie populaire". Lorsqu'on y ajoute un morceau d'agar dans une bouteille, on dit que cela attire "les bons esprits". Dans cette potion de minuit, il sert surtout à la fête et pour apaiser l'esprit sans pour autant le rendre brumeux. Le but n'est pas ici de vous inciter à une consommation forte d'alcool, vous pouvez mettre 3 cuillères à soupe, de quoi peut-être vous mettre un peu de rose aux joues. 

• C'est au tour du Gingerbeer aussi appelé Ginger Ale d'entrer dans la danse. Nous retrouvons une fois encore l'élément du Feu, cette fois-ci accompagné de la planète Mars et utilisé pour l'amour mais aussi l'argent. Sous forme de boisson, il est plus particulièrement associé à l'amour, dans le cas de ce cocktail, on parle d'estime de soi, d'accepter de se savoir imparfait et... que ce n'est pas non plus la fin du monde. Il y aura bien d'autres cycles lunaires, alors pourquoi ne pas lâcher la pression et profiter de l'instant ? 

• Pour finir, une fois le Gingerbeer lové dans le verre, il suffit de presser les morceaux de citron restant et c'est prêt ! Je te souhaite une excellente nouvelle lune et te dis à mercredi prochain pour la suite de notre calendrier.

Note : ici il y a une rondelle de citron, mais c'était pour la frime. 


La semaine prochaine, on se retrouve pour la deuxième semaine 
de ce compte à rebours.  N'hésite pas à me tagger sur tes photos 
Instagram ou à m'envoyer tes photos sur Facebook !
Je suis toujours ravie de voir que le blog vous inspire.



Choisir, créer et utiliser
un alphabet magique



Suis-je la seule à guetter, fébrile, les prémices de l'automne ? Je tremble d'impatience, cherchant du regard la première feuille qui aura l'audace de brandir le doré annonciateur de cette douce saison. Quoi qu'il en soit, en ce moment la pluie s'invite pour donner un peu de répit à la Terre, laissant place à l'imagination et aux travaux d'intérieur, comme le Grimoire et autres carnets magiques. Si tu es chagrin car chez toi l'automne se fait désirer, je te propose de mettre en fond cette vidéo qui te mettra dans une ambiance cosy et quasi automnale. Tu es bien installé ? Alors commençons. Nous n'avons pas tous envie de voir mourir les petits curieux qui feuillettent dans notre dos notre Grimoire, comme dans le film Le Nom de la rose. Toutefois, beaucoup cherchent à cacher le contenu d'une autre façon : en créant ou en utilisant un système de cryptage, permettant ainsi aux yeux non avisés de se décourager. Mais comment s'y prend-on ? Est-ce vraiment bien utile ? Je te propose un article pour t'épauler dans cette démarche, au plaisir d'échanger avec toi suite à la lecture. 

 1 // Pourquoi ? 


C'est la première question à te poser, elle peut te sembler superflue ou logique, mais prends du temps pour elle. La raison pour laquelle tu cherches à cacher du contenu aux yeux du monde, peut être diamétralement opposée à celle de ton voisin. Est-ce que tu caches par pudeur, car tu déposes sur le papier une part de toi si intime que peu sont ceux qui y ont accès, que tu aurais l'impression d'être mis à nu au milieu de la foule si quelqu'un y posait les yeux ? Certains en utilisent aussi car leurs écrits ne sont pas à mettre dans toutes les mains, sous peine de complications pour le curieux insouciant. Pour d'autre encore, il s'agit d'un choix esthétique. Est-ce que certains ont plus raison que d'autres ? Comme d'habitude, je rappelle que la sorcellerie n'est pas un concours à qui mieux mieux, il n'y aura pas de bon point pour s'être moqué d'un autre pratiquant. Ici, j'ai rarement eu de gens belliqueux ou cherchant à imposer leurs idées, j'en profite donc pour remercier toutes les âmes qui passent ici et me permettent de grandir autour d'échanges constructifs. 


2 // Comment ?  


À présent, tu sais ce que tu souhaites soustraire aux yeux du monde et pourquoi, maintenant, on retrousse les manches et on aborde la question épineuse de la forme que l'on souhaite donner à notre écriture codée.  L'un des alphabets les plus utilisés est le Thébain, j'en avais parlé dans un article icipeut-être l'as-tu déjà lu ? Ci-dessus, voici un condensé (facilement trouvable sur Pinterest) où l'on trouve différents alphabets que tu peux utiliser soit tel quel, soit comme source d'inspiration. Car c'est ici que rentre en considération différents facteurs : si tu souhaites crypter du contenu pour qu'il soit très difficile au non initié de le lire, est-ce vraiment sage d'utiliser le Thébain, dont on trouve facilement l'alphabet ? Tu peux brouiller les pistes et utiliser l'Angerthas, qui nous vient de Tolkien et qui ressemble beaucoup au Futhark, ça risque de prendre un peu plus de temps aux gens pour y trouver du sens, à moins qu'ils ne te connaissent et te sachent amoureux de son univers. Dernier "détail", n'oublies pas que certains alphabets sont phonétiques, d'autres peuvent servir lettre par lettre. Si le Futhark t'intéresse, je te conseille l'excellente vidéo de Lyra Petite ponette à paillettes Ceoltoir pour l'utiliser correctement. 


Passons à une autre possibilité qui rejoint l'idée de Tolkien... Pourquoi ne pas utiliser l'alphabet du film, livre ou univers qui fait battre ton coeur ? Par exemple, si tu es un passionné de Star Wars, tu pourrais utiliser l'Aurebesh, si celui-ci te parle. * tremblement de terre chez les traditionalistes et murmures d'hérésie * Ne laisse pas les autres emmurer ta pratique et contraindre ton instinct. Si tu ne la connais pas encore, je ne peux que te recommander chaudement la chaîne de Vae Bataille, qui est une ode à la magie et à l'imagination. Le plus important dans le choix de cet alphabet, c'est que tu sois à l'aise, qu'il puisse te servir sans avoir besoin de passer une heure par caractère à tracer, ou être capable de le déchiffrer sans avoir d'antisèche. Au début, bien-sûr il y aura un moment d'apprentissage donc l'antisèche ne sera pas de trop, cependant si tu n'es pas à ton aise après un mois d'utilisation régulière, n'hésites pas à tester autre chose.

Ce qui amène une autre option : utiliser non pas un alphabet, mais une autre langue. Garde en tête le point précédent : il faut qu'il soit "facile" à utiliser pour toi, même s'il est difficile à décrypter pour les yeux non avertis. Si tu parles des langues étrangères, cela peut aussi te servir. Peut-être es-tu en France, mais que tu as grandi à Moscou, où tout le reste de ton arbre généalogique se trouve ? Je me permets donc de suggérer l'utilisation du Russe et de son alphabet cyrillique (qui en plus, est magnifique), cela sera un très bel hommage à tes racines. Tu ne quittes jamais tes bottes, ta marinière et manges des huîtres tous les dimanches matins assis sur le ponton du port ? Tu sembles tout désigné pour apprendre le breton, alors pourquoi ne pas écrire en breton dans tes cahiers magiques ! Comme le dirait Grand-mère Feuillage, écoutes ton coeur : prends du temps pour apprendre et t'approprier l'alphabet ou la langue. La fainéantise n'est jamais une bonne excuse pour éviter un projet. 

Enfin, autre possibilité : créer ton alphabet. Cela peut prendre une heure ou des années, chaque chemin est unique, c'est ce qui en fait la magie.  La culture peut te venir en aide, comme ce fut le cas pour Tolkien (oui encore lui, que veux-tu), mais ne te recroquevilles pas en te disant que tu n'en as pas assez pour créer, l'un et l'autre sont chouettes : si tu as des connaissances, elles te serviront de base; si tu te sens "ignorant", il te reste de puissants outils, l'instinct et l'imagination. Commences par... faire des lignes. Dans un premier temps concentre-toi sur les minuscules sans accents, si tu me permets ce conseil. Pour chaque lettre, laisse ta plume ou stylo glisser, danser et bouger sur le papier, au gré de ses envies. Ne cherches pas tout de suite le beau et l'incroyable, dé-construis les lettres, recomposes ou crées des blancs, fais-toi confiance. Pour te donner du courage, je te partage la superbe vidéo de Vae Bataille, où elle nous invite à mon plus grand plaisir à visiter son livre des ombres/du chaos. Si après ce visionnage, tu n'es toujours pas décidé à visiter sa chaine, je mange mon balai !

Je me suis permise une capture d'écran de sa vidéo, histoire de vous motiver encore plus


 3 // Quand et où ? 


Nous avons notre alphabet ou langue bien en tête... et maintenant ? C'est à toi de décider ! Est-ce que tu souhaites l'utiliser partout ? Le réserver pour tes ouvrages très travaillés ou l'utiliser au quotidien dans tes carnets plus simples ? Personnellement, mon alphabet me sert à crypter une partie de mon carnet personnel, il faut assembler deux choses qui parlent à mon coeur pour en trouver la clé, autant vous dire qu'il faut se lever tôt et me connaître vraiment personnellement pour les identifier. Je ne connais qu'une personne à ce jour qui en connaisse l'origine et qui a su le déchiffrer : Eryn de The Bewitching Poisoner. Même avec l'indice que je lui avais donné (elle avait le cerveau en ébullition je commençais à être inquiète), ça n'est pas des plus faciles !

Personnellement je m'en sers pour ce qui est vraiment intime ou qui touche à la part émotive et artistique de mon être, car pour ce qui est du contenu à ne pas mettre entre toutes les mains, l'organisation de mes futurs grimoires me permet de ne pas avoir trop de soucis à ce sujet, mais ça, ça sera pour un prochain article, j'espère que ce prochain sujet t'intéressera tout autant !

Est-ce que tu utilises un alphabet en sorcellerie ? Quelle en est son origine ?
N'hésite pas à échanger en commentaire,
j'y répondrais plus facilement que sur facebook ou tout autre média.

[TAG] 10 Pagan Fun Facts


Quel plaisir de retrouver mes habitudes de sorcière solitaire, je me roule dans les fleurs séchées comme un jeune chiot, fais le ménage sur mon secrétaire de sorcière, organise les livres... et reviens sur le blog ! Mon travail pour Alliance Magique étant (presque) terminé (je vous renvoie à l'article précédent pour plus d'informations), je peux enfin prendre du temps pour ce lieu de partage qui avait été un peu délaissé, je l'avoue. Voici un nouvel article, basé sur le tag "10 Pagan Fun Facts", j'ai été taguée par la douce Evá Lyn. J'avais une question pour vous d'ailleurs, est-ce que vous préférez l'utilisation du tu ou du vous pendant la lecture des articles ? Dites-moi, je suis curieuse ! Et sinon, c'est parti, je vous emmène dans ma pratique.

1 // Je n'ai jamais fait une seule séance de spiritisme de ma vie
Nope, pas une seule expérience du genre, à base d'esprit qui établit un contact, pas de chocottes et crises d'hystéries entre copines lors des soirées pyjamas. Petite et adolescente je n'ai pas manqué de créativité lorsqu'il s'agissait de rendre chèvre mes parents, mais à ce sujet c'était le calme plat, pour une simple et bonne raison : même sans pratiquer la sorcellerie ou être païenne consciente, je croyais déjà à un possible "ailleurs", et au fait que dans cet ailleurs, tout le monde n'était pas forcément gentil. J'étais aussi très consciente de ne pas être armée aussi bien en connaissances que psychologiquement en cas de problème. Le cinéma d'épouvante a fini d'achever ma conviction (même si je sais qu'on est assez loin de la réalité) : le spiritisme, en tout cas pour le moment, ce n'est pas pour moi.
J'en profite pour vous partager trois photos, deux de Floki le mignon et une de mon livre d'enfance favoris, celui qui m'a fait prendre conscience de mon premier pouvoir : celui d'accomplir des choses incroyables du moment que j'y crois de tout mon coeur. 

2 //   Je n'ai aucun problème à utiliser la technologie dans un espace magique
Alors là, j'ai sans doute fait vibrer plus d'un fessier païen. Pour certains, il faut tout faire dans une pièce sans électricité, à la bougie, tout écrire à la main dans son grimoire etc. ce que je comprends tout à fait : chacun fait comme il le souhaite, n'y voyez pas un jugement. Poser mon ordinateur sur mon espace de travail magique ? Pas de soucis. Cependant, pas tout le temps et pas n'importe comment. Je ne suis pas sur Facebook en même temps, par exemple. Il en va de même avec mon téléphone, je peux en avoir besoin pour une action ou en tant que pense-bête lors d'un travail magique. 

3 // Je suis amoureuse du chiffre trois
Vous remarquerez que je n'ai pas utilisé le mot névrosé, mais soyons honnêtes, parfois ça tourne peut-être à l'obsession. Je fais beaucoup de choses par multiple de trois, notamment lors de kitchen witchcraft (on touille trois fois dans tel sens pour attirer, et si vraiment ça sent le roussi, on tourne neuf fois pour être vraiment sûr d'attirer ce qu'on l'on souhaite, comme un feu de détresse puissance maximal, mais je ne l'utilise que très rarement). Mon secrétaire est composé de trois battants, trois étagères, deux tiroirs dont un auquel il manque une poignée, elles sont donc... au nombre de trois. On compte aussi trois clés pour l'ouvrir. Il m'était tout destiné ! Lors de mes rituels, j'essaye de ne pas utiliser plus de trois outils "périssables" (bougies, plantes, tissu ou autre). D'une parce que le mieux est l'ennemi du bien, mais aussi tout simplement par souci d'économie. D'ailleurs, je ne célèbre "que" trois sabbats : Litha, Samhain et un sabbat personnel créé de toute pièce par mes soins. 

4 // Je suis très attachée au prénom Lisbeth 
Lisbeth, prénom que l'on m'a donné (offert même, oserais-je dire avec une pointe d'émotion),  fait partie de mon réel nom de sorcière, celui que je suis la seule à connaitre. Au début je n'ai pas vraiment cherché plus loin que ce que j'ai lu dessus, c'est-à-dire que cela vient de l’hébreu elischeba, « Dieu est mon serment ». Pourtant, mon compagnon a fait pousser un bourgeon de plus sur la branche de réflexion qui accompagne mon nom. Il m'a dit que cela m'allait bien et que cela reflétait bien mes deux facettes. J'ai donc plissé les yeux en demandant "quelles facettes ?", m'attendant à une boutade sortie de nulle part comme il en a le secret. Il m'a répondu "Ton côté Lisbeth Salander !" C'est ainsi que j'ai ouvert les yeux sur une nouvelle facette, aussi bien de mon nom que de ma pratique.

Je n'y avais jamais vraiment réfléchi, mais effectivement, il est parfait ce nom. Vous l'avez sans doute vous aussi, cette autre personnalité avec laquelle vous composez tant bien que mal au quotidien. Il y a la Lisbeth paisible, qui se couche à 22h, fais du yoga au lever de soleil, mange vegan et bois de la tisane en étudiant les plantes ou en tricotant. Et puis il y a l'autre Lisbeth, plus sombre, qui pourrait littéralement vider un baril d'essence et craquer une allumette sur toutes les normes de la société, se nourrir de cigarettes, whiskey et de viande quasi crue, à errer dans les pubs toutes les nuits et à chercher la bagarre. Vous avez peur, ça y est ? Plus sérieusement, j'ai fait la paix sur un grand nombre de points et j'ai fini par trouver un mode de vie qui me convient 95 % du temps... mais il reste toujours les 5 % restants. Quand ils s'expriment, je ne sais pas comment canaliser cette énergie ni quoi en faire, je travaille donc dessus, pour en faire quelque chose de positif et la sorcellerie a su donner l'étincelle nécessaire pour faire la paix avec cette jeune fille aux allumettes. 

5 // J'ai cru que mon chien était mon familier
Floki a été adopté environ deux ans après la naissance consciente de ma pratique et dès le début, à chaque fois que je me préparais pour un rituel, il se collait à moi au sein du cercle, de même lorsque je me mettais à écrire dans mon journal de pratiquant. En réalité, Floki est juste un pot de colle, avec un problème d'attachement très fort. Après avoir posé des questions à une comportementaliste pour animaux et mis en place certaines habitudes, il se fiche royalement de mes activités magiques à présent, sauf s'il n'a pas eu ses croquettes avant !

6 // Je travaille avec deux divinités connues 
Certains diront hérésie, dans le sens où l'on ne les associerait pas forcément, mais je suis très bien dans ce triangle (triangle, trois angles, vous l'avez? Non pas que je me prenne pour une divinité, je précise). Brigid est la première divinité avec qui le lien s'est tissé, et j'avoue que lorsqu'elle me quitte parfois, ça me laisse toujours une sensation curieuse au niveau de la poitrine, même si je sais qu'elle reviendra quand elle le désirera. La deuxième divinité avec laquelle je travaille est... Baphomet. Autant vous le dire, cela a été une sacrée surprise, mais comme quoi, tout peut arriver. Il y a en réalité d'autres divinités avec lesquels je travaille, mais elles ne sont répertoriées nulle part. Je ne sais pas non plus de quoi sera fait demain, alors qui sait, d'autres divinités viendront peut-être au fil du temps se joindre à notre petit cercle hétéroclite. 

7 // J'ai fait des études en Art 
Certes, on ne dirait pas comme ça, mais c'est un fait. J'ai fait cinq années d'études où se sont mélangés illustration, peinture, sculpture, animation et photo, mais j'étais en spécialisation web personnellement, sachant pertinemment qu'il me serait difficile de vivre de l'illustration ou de mes tambouilles fiévreuses. Pourtant, j'adorerai travailler dans d'autres domaines que le web, même si j'ai choisi mon métier par passion aussi (j'ai fait mon premier site internet à 9 ans en HTML, CSS et gifs à gogo, une arme antiépileptiques). J'ai étudié l'art de la reliure, j'aime aussi la lino-gravure et la bichromie par exemple. Je crée au quotidien énormément, un post-it mignon pour mon binôme au travail ou encore repeindre mon plafond de jolis motifs la nuit sont des activités normales pour moi. D'ailleurs, ça m'a donné envie de travailler un peu plus en profondeur le style du blog, et ma façon d'écrire (non pas encore, vous vous en doutez). J'aimerai trouver l'équilibre entre vous raconter des blagues et une belle plume littéraire, travailler aussi un peu de photo et d'illustration, à voir si j'arrive à quelque chose qui me plait et vous parle !

8 // Je ne crois pas aux démons ou à l'Enfer
Je dirais que c'est une question d'équilibre, de connaissances et de ce que nous sommes capables d'accepter ou non. L'idée d'un monde soigneusement rangé en deux blocs, un noir et un blanc, me parait beaucoup trop simple et peu satisfaisante. Plus on grandit, plus les contours s'estompent, les choses se mélangent en nuances de gris (non pas celles de la chambre à fessées bon sang), ce qu'on pensait noir n'est pas si noir... et ce qui est blanc, plus aussi blanc qu'on le croyait. Du coup, je trouve dommage de ne travailler qu'avec ce que certains appellent la Lumière, pour moi on ne peut pas connaitre l'un sans l'autre, sinon il manque une pièce au puzzle. De plus, je ne crois pas à l'Enfer dans le sens catholique du terme, pour moi, Hitler n'est pas allé en Enfer, pas plus que la meilleure personne au monde n'ira au Paradis. En gros, la vie c'est comme Game Of Thrones : il n'y a pas de justice.  


9 // J'ai failli mettre le feu à mon appartement... deux fois
Oui je suis un génie. La première fois je me la suis jouée groupe de black metal enflammé au niveau des mouvements pendant un rituel... et j'ai mis le feu à des herbes séchées. Mes voisins ont clairement dû se dire que je fumais un arbre complet. La seconde fois, j'ai mis de l'encens en grains/poudre dans une bougie roulée à la cire d'abeille. Résultat ? Oh rien de spécial, juste une sorte de grand pétard qui crépite dans tous les sens, fais brûler la cire beaucoup trop vite et donc en met partout, en faisant des étincelles incandescentes qui se posent délicatement sur mon support de travail en bois. J'ai eu I've got the Power (remplacez Power par Fire et vous aurez mon état d'esprit du moment) dans la tête durant une bonne semaine lorsque je voyais des brûlures sur mon bureau. Alors la règle de tout par trois, dans le cas présent si je pouvais m'en passer cela ne serait pas de refus. 

10 // Je n'utilise pas de viande en Kitchen Witch
Pourquoi ajouter du poulet composé à 90 % de poulet, gavé d'antibiotiques, n'ayant pas vu un véritable pâturage de sa vie?  Ou encore de la viande de boeuf qui a été violée toute sa vie pour fournir des produits laitiers à des humains qui n'en n'ont pas besoin et à qui on a arraché le petit pour la même raison, avant de l'abattre au bout de cinq ans d'une vie misérable au lieu de vivre tranquillement dans la nature vingt ans ? Au niveau énergies, cela ne m'emballe pas tellement de mettre autant de souffrance et de mort dans ma magie. Déjà, dans la vie de tout les jours je n'en mange quasiment pas, mais en magie c'est non de chez non, pas une once de viande, parfois une pointe de produit laitier ou un oeuf, mais ça reste très rare. La seule façon que je trouve acceptable d'incorporer de la viande en magie, ce serait de tuer moi-même un animal sauvage et de l'honorer, puis d'enterrer ses os. C'est pour cela que mon coeur se serre un peu lorsque quelqu'un suite à un partage d'une de mes recettes magiques me dit qu'il rajoutera de la viande "juste pour le goût". La cuisine magique n'est pas la popotte du quotidien, en tout cas pour moi. Nous avons de plus cette année atteint le seul critique de consommation de ressources le 1 août, ce qui est quand même une honte et une souffrance pour la planète, le monde animal et nous. Je vous invite si vous êtes curieux à calculer votre emprunte (c'est un test assez limité, il ne prend pas en compte votre rythme d'achat de vêtements neufs par exemple, qui a pourtant un impact monstre), et à regarder les solutions pour réduire votre impact ici  Global Footprint Network, vous pouvez aussi vous renseigner sur le reportage Avant le déluge et enchainer sur un second reportage intitulé Demain, qui est plein d'optimiste et vous évitera de finir dans le placard à balai et de pleurer.

Vous vous en doutez donc, j'utilise de préférence une production locale, responsable, voir sauvage. J'essaie d'être proche de ce qu'on appelle la Temple Food (je vous conseille sur Netflix le superbe épisode de Chef's Table sur Jeong Kwan, une moine).

11 // "Margarita" de minuit 
Pour finir sur une note plus légère, voici une drôle d'habitude qui s'est installée dans ma routine de sorcière. Il m'arrive régulièrement, non pas à toutes, mais tout de même assez régulièrement pour que ça en soit devenu une habitude... de me faire des cocktails de minuit façon Practical Magic pour les nuits de nouvelle lune ! En général la nouvelle lune est un moment où je déborde d'énergie, d'enthousiasme et de créativité, alors je m'en fais une soirée de célébration festive et productive. En général je danse sur de la musique à fond en mettant du bazar à n'en plus finir, au plus grand plaisir du chien et du chat qui se roulent dedans. Et si vous êtes curieux, en général je fais des cocktails à base de Whiskey. Le plus souvent, il s'agit d'un Highball, cocktail japonais à base de Whiskey, perrier et menthe fraiche. Si je m'y suis prise en avance, je mélange Ginger Beer, citron vert et whiskey !



Je ne taggue personne, mais si vous continuez la chaine, 
n'hésitez pas à me le dire en commentaire ! 


Vers la monétisation du blog ?
Un livre à paraître ?


J'ai hésité longtemps à écrire cet article, il m'a beaucoup malmenée et est le fruit de longues heures de réflexions et de discussions avec moi-même (et on est rarement d'accord, c'est épuisant). Il est dix heures, j'ai mon petit thé qui refroidit entre mes mains et je me demande par où commencer. 
Vous connaissez ces petites boules qui éclosent dans la tasse ? Un spectacle tout en douceur et lenteur 

Vous l'avez sans doute remarqué, depuis plusieurs mois les Tipeee et Patreon fleurissent sur Youtube et les blogs. Je fais parti de ceux qui donne même. L'idée a commencé à faire son chemin : est-ce que moi, j'aurais quelque chose qui pourrait donner envie aux gens de m'aider à augmenter le nombre de livres dans ma bibliothèque ou encore à explorer de nouveaux horizons en sorcellerie ? J'ai tellement de projets pour vous, est-ce que certains seraient assez qualitatifs pour vous donner envie de payer pour ? En ont découlé d'autres questions... Si je monétise... pourquoi ? Pour faire comme tout le monde ? Par besoin ? Est-ce que ça vaut le coup de couper certains de ma parole divine de mes réflexions et du coup de me couper de possibles personnes qui m'aideraient à voir plus loin ou sous un autre angle ? Est-ce qu'au final, ça vaut vraiment le coup ? Le chemin a été un peu long, sinueux, beaucoup de belles idées ont émergées (et elles verront le jour c'est sûr !), et une décision a été prise.

Si j'ai ouvert mon blog, c'est pour évoluer, confronter ma pratique à celle des autres, échanger et aussi voir si ça m'apporterai quelque chose. Il se trouve que j'ai l'impression de recevoir bien plus que je ne donne ici. Que se soit les personnes qui me lisent, écrivent des commentaires, me poussent à aller toujours plus loin, celles avec qui je suis en désaccord dans la bienveillance et avec qui j'ai des débats passionnants, les nouvelles amitiés et même des projets de fou. Est-ce prétentieux de penser que ce que je produis puisse être d'une qualité suffisante pour être monétisé ? 

Si vous ne le savez pas encore, je vais publier en fin d'année chez Alliance Magique un Agenda de pratique de la Sorcellerie. C'est un projet que j'avais en tête, sans aucune prétention, en me disant que ça me ferait revenir vers le dessin et me permettrait aussi de chercher en dehors des sentiers battus qui me sont familiers. Vous me connaissez sans doute, je suis une grande bavarde et je me suis retrouvée à discuter avec l'adorable Hagel/Isabelle, auteure du livre La Médiumnité... et Directrice de la communication chez Alliance Magique Editions. J'ai fini par parler de mon projet et sans le voir venir je me retrouvais avec l'incroyable opportunité d'être publiée ! Merci à Laura, Sandrine et Arnaud pour cette superbe aventure, qui n'est pas encore finie et qui va continuer avec vous ici par la suite. Mais commençons par l'agenda à paraître !

Je travaille depuis six mois sur un agenda de pratique pour l'année 2019. C'est bien mignon, mais qu'est-ce que c'est ? C'est un objet que j'ai pensé comme un lieu de pratique portable et discret, façon sac de Mary Poppins dans lequel on ajoute le principe d'un bullet journal. Il s'adresse aussi bien aux débutants qui ont ou n'ont pas le courage de se lancer qu'à ceux qui roulent déjà leur bosse mais seraient curieux. Il regroupe des principes qui me semblent basiques pour la pratique de la sorcellerie (la lune, différentes correspondances, utilisation des bougies, des informations sur l'autel...), d'activités pour vous approprier cet agenda, afin de le charger de votre emprunte (conception d'un autel de voyage, bibliothèque de la sorcière, espaces de recherches...), d'outils pour vous aider à organiser vos travaux magiques (planificateur de travaux, études des plantes, cartes divinatoires, cristaux...), des trackers pour apprendre à mieux vous connaitre (que ça soit de l'humeur possiblement influencée par la lune ou pour avoir une vue d'ensemble des heures auxquelles vous pratiquez en fonction des saisons), des tirages divinatoires (un tirage en début de chaque mois et d'autres tirages en fonction de différentes situations), vous trouverez aussi ça et là des astuces de sorcières, des articles complets ( des rituels, des recettes, des axes de réflexions, des activités...) et surtout une partie agenda qui m'a fait m'arracher les cheveux, vraiment. Pour chaque jour de l'année, j'ai calculé les énergies du jour par rapports aux constellations, bien-sûr vous trouverez aussi la phase de la lune en cours, les heures de lever et coucher du soleil, mais aussi  les heures de lever et coucher de la lune et les activités à faire au niveau des plantes. J'y ai laissé des heures de sommeil pour vous, autant vous le dire. L'agenda a été illustré par mes soins, il a fallu trouver le juste équilibre entre illustrer et laisser la place au futur propriétaire pour que lui aussi se fasse son nid et qu'il le rende vraiment personnel. J'ai mis énormément de temps, de coeur et de cidre dans ce projet, j'espère vraiment qu'il vous plaira ! Il ne sera pas parfait, c'est sûr, mais I'm only human after all. Si vous le souhaitez, il est en pré-commande sur Amazon, sur la Fnac et dans certaines librairies !

Je voulais mettre une image de quelqu'un qui écrit dans un joli carnet, mais j'ai eu peur que vous le preniez pour l'agenda,
du coup j'ai mis une machine pour éviter les confusions, pas bête hein ? 

C'est justement concernant l'après agenda que la question de monétisation est arrivée. Et si je proposais du contenu téléchargeable en plus à un prix symbolique ? Ou alors un Patreon avec un peu de contenu chaque mois comme une vidéo d'utilisation de l'agenda avec du bavardage avec vous ? Et finalement, j'ai décidé que non. Rien ne sera payant. Parce que je n'ai pas créé mon blog pour ça, que ça n'est pas ce qui m'intéresse. J'ai envie de partager ici sans limite, avec plaisir et sans contrainte de temps, qu'en plus de ça je suis allergique à la paperasse et que ça m'en demanderait pour être en règle et qu'après tout, l'idée est de s'amuser avec cet agenda. Une fois qu'il sera en vente, je n'ai pas envie d'être la seule à m'amuser avec, alors j'espère que le contenu que je ferais sur le blog en plus vous motivera à le chérir et le nourrir, à vous dissuader de l'abandonner en cours de route.

Il y aura donc régulièrement du contenu téléchargeable gratuit, à imprimer chez vous, ainsi que des vidéos si je trouve un moyen correct de filmer, des articles tutoriels pour sûr. Alors, heureux ?



Portraits de la sorcellerie & de l'ésotérique
Biddy Early


Bridget Ellen "Biddy" Early (née O'Connor ou Connors, vers 1798 et décédée en 1872) était une herboriste irlandaise traditionnelle, qui s'était faite une place dans la confiance des gens de sa région. Elle a au long de sa vie eu aussi quelques ennemis parmi les fermiers locaux et les prêtres catholiques. Elle a été accusée de sorcellerie.

Née en 1798 dans le Comté de Clare à Fara Ridge, Bridget Ellen Connors est la fille de John Thomas Connors (un modeste fermier) et de sa femme Ellen. Cette même année, les armées d'Angleterre ont violemment réprimé une rébellion en terre irlandaise, faisant plus de 30 000 morts du côté Irlandais. Biddy fut baptisée sous le nom de Bridget Ellen Connors mais a préféré par la suite prendre le nom de jeune fille de sa mère, Early. Biddy était une enfant solitaire et rêveuse, on dit qu'elle passait la majeure partie de son temps seule et qu'elle parlait aux fées. Facile à vivre et curieuse, elle faisait preuve d'une grande intelligence et d'une grande soif d'apprendre bien qu'elle n'ait pas appris à lire et à écrire, comme c'était courant à l'époque. Pour s'exprimer elle utilisait l'irlandais (je suppose qu'il s'agit du gaélique irlandais) et parfois l'anglais dont elle connaissait quelques bases sans pour autant le maitriser de façon fluide.

Comme dit juste avant, la famille avait peu de moyens, c'est pourquoi Ellen confectionnait pour sa fille des vêtements à partir de fibres de lin, qui était cultivé à proximité. Un savoir qui ferait bien des jaloux aujourd'hui ! Ellen, la mère, pour qui il n'y avait pas de petite économie, était réputée pour ses remèdes et élixirs à base de plantes dont elle se servait aussi au sein du foyer. Dès son enfance, Biddy a appris plusieurs recettes, considérées comme des trésors qu'on gardait dans la famille, comme c'était courant à l'époque. Hélas, Ellen meurt lorsque Biddy avait 16 ans, de malnutrition avant d'être suivie par son époux 6 mois plus tard qui meurt du typhus. Incapable de payer le loyer, Biddy est forcée de quitter la maison familiale.

On retrouve Biddy à 18 ans, lorsqu'elle commença à travailler pour un propriétaire terrien (si vous avez une meilleure traduction pour landlord, je suis preneuse !) près de Limerick (à Carheen pour être exacte). Souvent moquée (et peut-être un peu malmenée...) par ses maîtres et le reste du personnel pour son comportement réservé (il faut dire qu'être une jeune fille de 18 ans à l'époque, sans personne pour veiller sur ses arrières et à un moment de la vie où les hormones travaillent un peu trop... ça ne devait pas être effectivement une situation facile), Biddy ne restera pas longtemps à cet emploi. L'hiver de 1816 fut difficile : Sheehy, la personne gérant son logement (sans doute une sorte de petit immeuble ou maisonnette avec plusieurs chambres) ne cessait d'augmenter les loyers et les locataires commençaient à serrer non seulement les dents, mais aussi les poings. Elle tenta de plaider leurs causes et de raisonner Sheehy, sans succès. Il expulsa tout le monde... avant de finir assassiné par trois autres locataires. Elle n'a pas été mentionnée lors du procès, mais on a beaucoup murmuré qu'elle avait lu l'avenir qui se dessinait pour Sheehy et qu'elle aurait tenté de l'avertir et d'ainsi lui sauver la vie.

Elle partit donc en direction des bidonvilles locaux où la vie ne fut guère plus douce... Il parait qu'elle déambulait régulièrement les jours de marché à Gurteenheagh, où elle rencontra son premier mari, Pat Malley of Feakle. Leur union a fait beaucoup parlé car, à l'époque, un homme ayant déjà un veuf avec enfant et épousant une fille deux fois plus jeune (et sans dot !) n'était pas chose courante.  Qu'importe les ragots (t'es dans ta jalousie, j'suis dans mon jacuzzi comme on dit) ils se marient et Biddy donnera naissance à  un fils nommé Paddy, son seul enfant. 

La petite famille s'installe dans un cottage de trois pièces à Feakle et c'est à cet endroit que les remèdes et élixirs de Biddy gagnent en notoriété. Refusant de se faire payer en pièces ses services, elle permet cependant à ceux qui viennent chercher son aide, de lui laisser une contrepartie ou un petit présent pour l'indemniser. L'Irlande n'étant pas réputée pour boire de l'eau, beaucoup apportaient du whiskey ou du Poitín/Poteen (une boisson traditionnelle irlandaise, fortement alcoolisée (degré d'alcool : entre 60 % et 95 %, autant vous dire qu'après un verre on est désinfecté de l'intérieur) et une anecdote amusante raconte que la maison de Biddy débordait souvent de contenant de ces deux boissons, au point de devenir un endroit où les gens aimaient se retrouver pour boire et jouer aux cartes. Certains apportaient aussi des lots de pain, de farine, de beurre maison, ça ne mangeait pas que liquide, il ne faut pas abuser quand même. Le mari de Biddy décède alors qu'elle avait 25 ans, faisant d'elle une veuve. Il se trouve que peu de temps après la mort de Pat, elle épouse le fils de ce dernier, John Malley. Ici plusieurs interprétations sont possibles, les miennes seraient que John et Biddy ayant des âges plus proches que ceux de Biddy et Pat, ils auraient lié une forte amitié et qu'ils aient choisi de se marier afin de prendre soin l'un de l'autre. On peut aussi supposer qu'ils étaient amoureux avant même la mort de Pat, ce qui fait découler d'autres suppositions. Cependant je ne veux pas en faire une empoisonneuse complotiste alors qu'il est possible que ça soit juste la vie, que le décès de Pat les ait rapproché ou autre. Après tout je n'étais pas dans leurs têtes et leurs coeurs, je ne viens pas non plus de la même époque (grand bien me fasse). Le fils de Biddy et Pat, Paddy, quitte le foyer familial quelques années après la mort de son père et ne reviendra jamais. John Malley, décèdera en 1840 d'une maladie du foie, Biddy devient donc pour la deuxième fois veuve à l'âge de 42 ans. Vu qu'elle enchaîne les maris on pourrait se poser des questions, c'est vrai. L'hypothèse la plus probable et logique, c'est qu'à cette époque une maison qui se remplissait d'elle-même de gnôle et de whiskey, ça devait sérieusement entamer le foie...
Les restes du cottage de Biddy Early dans le comté de Clare

Par la suite, Biddy a épousé Tom Flannery, un ouvrier originaire de Finley qui était plus jeune qu'elle. Le couple s'installe dans un petit chalet de deux pièces vers Dromore (ici j'ai trouvé deux informations contradictoires, donc je ne sais pas si historiquement c'était le Comté de Clare et qu'aujourd'hui il s'appelle Comté de Down ou s'il y a deux villes qui s'appellent de la même façon).  Il était situé au-dessus d'un lac, connu aujourd'hui sous le nom de Biddy Early's Lake. À cette période Biddy se rend vraiment indispensable pour les gens et sa maison ne désempli presque jamais. Il ne faut pas oublier qu'à cette époque il n'y avait pas de mutuelle et compagnie, c'est pourquoi les gens qui ne pouvaient recevoir l'aide des médecins ou des prêtres à cause de la distance ou pour des raisons financières, se tournaient vers Biddy. 

Autrefois, les médecins généralistes en Irlande vous donnaient des "bouteilles médicinales" (bottle of medicine). On vous en mettait deux dans les mains, en expliquant que si l'une ne fonctionne pas, tu prends l'autre. Il faut dire que certains maux se soignent par eux-même si on est un peu patient (qui n'a jamais entendu parlé du rhume soigné en une semaine après avoir vu le médecin et en sept jours sans?), et il n'y avait pas de grands enjeux concernant les petits bobos du quotidien. De nos jours, le travail des herboristes est bien plus encadré et promet aux patients des résultats bien plus réalistes. Cependant il était à l'époque, plus répandu encore qu'aujourd'hui, de penser que notre santé et bien-être (ainsi que ceux des animaux) pouvaient être perturbés par des menaces lancées par des voisins jaloux et/ou mal intentionnés, sorcières ou fées.

Ce qui a fait la réputation de Biddy, autre que ses remèdes, c'est son implication auprès des gens. Perspicace et intuitive, elle prêtait une oreille attentive aux gens qui font appel à elle, prenait le temps et faisait confiance à son instinct. Elle savait que certains venaient avec un symptôme, mais que celui-ci pouvait n'être que le sommet de l'iceberg cachant des causes plus profondes. Ses remèdes ne consistaient pas seulement à appliquer des herbes sur une blessure ou à donner une recette aux malades. Elle arrivait à faire que chaque personne se sente unique, trouvant une solution adaptée et parfois créative.

Il arrivait même qu'on fasse appel à elle pour soigner des animaux : les animaux avaient une place charnière dans la survie des familles, car ils aidaient à accomplir certaines tâches et permettaient aussi de manger (on n'avait pas de rayon entier de lentilles corail et de protéines de soja à l'époque), ce qui fait qu'en cas de mauvaise santé de la part des chevaux ou vaches, la vie s'immobilisait et pouvait vraiment malmener la famille, menant à la pauvreté ou à l'expulsion, voir même parfois à la perte de vies humaines. Pour les mêmes raisons, les agriculteurs ont également parfois demandé à Biddy de l'aide concernant d'autres charnières de la vie quotidienne, tels que la restauration d'un puits ou la résolution d'un problème avec la production de beurre de la ferme.

Nous parlions plus haut des bouteilles médicinales. Un jour, Biddy a sorti d'on ne sait où une bouteille remplie d'un liquide bleu sombre, dont elle se servait comme d'une boule de cristal pour soigner les gens et communiquer avec le petit peuple. Elle racontait que cette bouteille avait été gagnée par son fils Paddy lors d'un match de hurling (un sport collectif d'origine irlandaise se jouant en extérieur. Le hurling se joue avec une crosse). Les gens venaient, Biddy écoutait et les gens repartaient satisfaits. Sa notoriété a d'ailleurs explosé grâce à cette bouteille, qu'elle gardait tout le temps avec elle, au point que lors de son dernier souffle la bouteille était à ses côtés. Elle pratiquait une sorte de sorcellerie des campagnes, usant de son oreille attentive et des connaissances en herboristerie de sa mère pour soulager les gens qui venaient à elle, le tout souligné par une personnalité forte qui a beaucoup marqué à l'époque : selon un biographe, "à maints égards, Biddy représentait ce qu'une paysannerie opprimée aurait elle-même voulu faire si elle avait osé, parce qu'elle était indépendante et refusait d'être "intimidée par [les voies autoritaires des prêtres et des propriétaires]". Biddy n'était pas une allumeuse - elle était une buveuse, une fumeuse, une joueuse de cartes, une femme sexuelle qui gardait sa beauté juvénile et, grâce à son maquillage à base de plantes, son teint rosé. On comprend bien qu'à l'époque, ça a du faire vriller plus d'un religieux. 

En parlant de pouvoir, c'est l'église catholique qui détenait l'autorité pour beaucoup à l'époque et autant vous dire que la Biddy, elle n'était pas dans leurs petits papiers avec ses activités. Cherchant à garder les pauvres petites brebis dans la lumière, les prêtres et religieux désapprouvent ouvertement les pratiques de Biddy et découragent les gens qui seraient tentés de faire appel à elle, ce qui n'a pas empêché ces derniers d'y aller, mais plus discrètement. Les habitants voyaient Biddy comme une personne bienveillante et attentive, s'expliquant la réaction de l'Église parce qu'elle ne pratiquait pas "une médecine" reconnue par l'autorité religieuse, l'aura mystique et magique qui l'entourait ne devait pas les enthousiasmer grandement non plus. Biddy, qui appartenait à une classe de petits fermiers, ne répondait pas non plus aux standards d'éducations de l'église, qui cherchaient à "laisser derrière eux le monde semi-éclairé des traditions paysannes et des plantes médicinales". Rien que ça. 

En 1865, Biddy fut accusé par un médecin de Limerick de sorcellerie en vertu du Witchcraft Act 1586 et fut traduite devant un tribunal situé à Ennis. Inhabituel dans les années 1860, les quelques-uns qui ont accepté de témoigner contre elle ont ensuite reculé. Elle a été libérée faute de preuves suffisantes, soutenue par beaucoup de locaux. Elle était vraiment très appréciée et écoutée, si on en croit les diverses sources, et très considérée malgré un apparent désintérêt pour la notoriété. Quand deux hommes ont nommé des chevaux de course après elle pour avoir de la chance, elle leur a apparemment rendu visite pour leur demander de ne pas le faire. Bien sûr, la légende veut que quand ils ont refusé, les chevaux ont eu une fin terrible.

"On se souvient affectueusement de Biddy Early du comté de Clare comme une femme extraordinaire qui a consacré son temps à réconforter et à guérir les malades, qui n'a jamais juré de malédiction à qui que ce soit malgré quelques frictions avec l'église, qui l'aurait étiquetée comme une «sorcière» "
En 1868, Tom Flannery meurt, laissant Biddy veuve pour la troisième fois à l'âge de 70 ans. En 1869, elle se marie pour la quatrième et dernière fois avec Thomas Meaney, un homme d'une trentaine d'années, en échange d'un remède. Leur mariage a d'ailleurs énormément fait parlé, surtout à cause de la différence d'âge. Le «Limerick Chronicle» publia un rapport assez salace sur son mariage le 29 juillet 1869: «Nous apprenons qu'un mariage extraordinaire a été célébré cette semaine à Limerick par l'un des prêtres de la paroisse, celui d'une vieille femme connue sous le nom de 'Biddy Early' qui réside près de Tulla et qui, parmi la paysannerie, a la réputation d'une sorcière, qui peut soigner toutes sortes de maladies, et qui a utilisé son pouvoir fascinant sur un beau jeune homme ... qu'elle a réussi à envouter en l'incitant à devenir son quatrième mari." Ils ont vécu ensemble dans son chalet à Kilbarron jusqu'à ce qu'il soit mort, dans l'année de leur mariage, de la surconsommation d'alcool. Biddy décède dans la pauvreté en 1874. Un prêtre était présent à sa mort, et son ami et voisin, Pat Loughnane, a organisé son enterrement à Feakle Graveyard dans le comté de Clare, on dit que 27 prêtres réputés étaient présents. La bouteille a été jetée par un prêtre dans le lac Kilbarron derrière la maison de Biddy à sa mort.

Mais de nos jours, qu'est-ce qu'il reste de Biddy Early ? Un nom qui fait frissonner les petits irlandais, parce que la légende dit que Biddy Early kidnappe les enfants qui refusent d'aller se coucher à l'heure et qu'elle ressemblerait à un épouvantail, de quoi filer au lit sans protester. On se souvient aussi d'une femme forte, la tête haute, qui survécut à ses quatre maris et qu'il ne fallait pas défier : si vous lui cherchiez des noises, on dit qu'elle pouvait geler le sol sous les sabots de vos chevaux alors qu'en cas de bonne humeur elle pouvait vous éviter la mort à vous ou à votre bétail.

Sachez aussi que le nom de Biddy Early a été donné à quelques pubs... et à une espèce de cannabis qui a d'ailleurs terminée deuxième au High Times Cannabis Cup en 2003. Ne me remerciez pas pour cette information, c'est en faisant des recherches dans Google Image que j'ai fais cette cocasse découverte.  

J'espère que ce nouvel article vous a plu et que ça vous tente d'en lire d'autres du genre, j'ai quelques personnages comme ça que j'aimerai vous présenter. Si jamais vous avez des personnages peu connus qui vous intéressent n'hésitez pas à me le dire en commentaire, je serais ravie d'en découvrir de nouveau !

Sources :
Is herbalism another form of magic? Peter McGuire
The A to Z of Ireland's natural heritage, Machán Magan
Witchipedia: Ireland's most famous witches, Jennifer O'Connel
Biddy Early: Witch or woman ahead of her time? Susan Daly
The Story of Biddy Early: Ireland's Most famous Witch and Faery Friend, Cody Meyocks
Wild Irish Women: Biddy Early (1798-1872), Rosemary Rogers
Biddy Early, Wikipedia
Lenihan, Edmund. In Search of Biddy Early. The Mercier Press. Cork (1987)