[+16] Belladonna, perle rare
& une ode lyrique à l'émancipation

octobre 11, 2017 Lisbeth Nemandi 2 Comments



Titre original : 哀しみのベラドンナ, Kanashimi no Belladonna
DATE DE SORTIE : Juin 1973 • RÉALISATEUR : Eiichi Yamamoto
SCÉNARISTE : Yoshiyuki Fukada • COMPOSITEUR : Masahiko Satoh
NATIONALITÉ : Japonais • GENRE : Conte, Drame, Erotique

L'histoire

L’histoire s’inspire des légendes médiévales autour de la sorcellerie. Une paysanne nommée Jeanne est violée par son seigneur, n’ayant pu obtenir le droit de se marier avec son amour, Jean, faute d’argent. Tous deux sont chassés du château, mais leur amour n’est plus le même et Jean la dédaigne. Le diable séduit alors Jeanne et en fait une sorcière puissante et désirée.

Le film est l’adaptation du roman La Sorcière de Jules Michelet paru en 1862. L’ouvrage est un brûlot féministe et anticlérical dont les préoccupations entrent en parfaite connexion avec la contre-culture qui se développe à l’époque. Yamamoto façonne ainsi un Moyen-Age cauchemardesque, en particulier pour les femmes, où la religion est un moyen d’abus sous couvert de piété. L’héroïne Jeanne sera la victime d’un cruel droit de cuissage de la part de son seigneur, la masculinité s’exprimant à la fois sous un jour tyrannique mais également lâche et opportuniste avec le personnage du mari, Jean. Le lien à la contre-culture se fera par la nature de l’émancipation de Jeanne qui se détourne de ces valeurs religieuses hypocrites en vendant son âme au Diable, puis en s’abandonnant à ses instincts lascifs sous les effets de la fleur de belladonne. Ainsi émancipée des codes moraux viciés du monde, elle est invulnérable et entraînera les villageois opprimés dans son sillage. L’aspect anticlérical est bien là mais demeure superficiel du fait de l’absence de réelle tradition chrétienne au Japon et les écarts sont plus sources d’inventions graphiques surprenantes que de vraies transgressions religieuses – qu’on peut juger dans un pinku eiga comme Le Couvent de la bête sacrée. C’est réellement la notion de féminisme par l’ivresse opiacée et sexuelle qui intéresse Yamamoto.

Si vous voulez plus d'informations je vous conseille cet excellent article.




L'avis de la Sorcière

Note : •••••

Honnêtement j'ai été assez fascinée. J'ai pourtant hésité à faire cet article. Le contenu est clairement explicite, et j'avais un peu d'appréhension. Et puis finalement, je me suis dit qu'ici j'étais un peu chez moi et que j'avais le droit d'y parler librement si c'était de façon intelligente et non gratuitement choquante. Le but ici n'est pas de vous promettre de la petite fesse huilée ondulant au rythme d'une incantation, mais de vous faire découvrir une petite merveille graphique et au propos très fort. Cette petite pépite est née à une période où les budgets étaient très très serrés et l'équipe de Belladonna a dû faire preuve d'ingéniosité pour ne pas avoir l'air cheap. C'est une oeuvre qui vous met clairement le rose aux joues, aussi attirant et envoutant qu'une plante vénéneuse : on ne peut s'empêcher d'être fasciné malgré un certain dégout et une colère sourde. 

L'avez-vous vu ? Est-ce que vous avez envie de le voir ? 
Un conseil de prochain film ?

Lisbeth 🌱

2 commentaires:

  1. Je connais pas du tout, mais ton article m'a donnée envie de le voir. Je vais voir si je peux le voir en streaming sur internet ^^

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. C'est un film vraiment curieux, mais il m'a vraiment marqué je te le recommande ! Tu peux le trouver normalement, en tout cas perso je l'ai DL (bouuuuh shamme pirateriiiiie)

      Supprimer